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Redressement d'entreprise, Dell : une image à redorer

Du : 27/02/2007

Source : http://argent.canoe.com/lca

Michael Dell reprend les rênes du fabricant d'ordinateurs éponyme. La partie est toutefois loin d'être gagnée, puisqu'il doit maintenant redresser les finances, revoir les stratégies et redorer le blason de Dell inc.


En reprenant les commandes, M. Dell a suivi une voie similaire à celle empruntée par des fondateurs d'entreprise comme Steve Jobs chez Apple inc., Charles Schwab chez Charles Schwab Corp., Ted Waitt chez Gateway inc. et Thomas Frist fils chez HCA inc.

Mais une telle initiative n'est pas toujours gage de succès. Certains entrepreneurs ne possèdent pas les aptitudes nécessaires pour remettre sur les rails l'entreprise qu'ils ont fondée et qu'ils considèrent comme un legs personnel.

Des analystes estiment que le scénario pourrait se répéter, les conseils étant d'ores et déjà prompts à montrer la sortie aux PDG peu performants.

Les fondateurs acceptent de reprendre les rênes «puisqu'ils croient fermement que l'entre- prise a un urgent besoin d'aide et qu'il seront en mesure de renverser la vapeur», dit Rudi Fahlenbrach, professeur adjoint au département de finance de l'école de commerce Fisher de l'Univer-sité d'État d'Ohio, qui vient tout juste de terminer une étude portant sur les «PDG boomerangs».

M. Fahlenbrach a recensé le retour au bercail de 65 PDG au sein des 1500 plus grandes sociétés ouvertes américaines entre 1993 et 2005 - dont 28 fondateurs d'entreprise. Il ajoute que ces dirigeants étaient âgés, en moyenne, de 61 ans, qu'ils avaient repris leur poste deux ans après leur départ initial et qu'ils y étaient demeurés près de trois ans lors de leur second mandat.

Les spécialistes de la gestion estiment que l'initiative donne de meilleurs résultats lorsque le fondateur met en cause les fondements du succès initial de la so-ciété. «MM. Jobs et Schwab sont des preneurs de risques en série, dit Jeffrey Sonnenfeld, doyen associé principal à l'école de gestion de l'Université Yale. Ils ont tous deux connu des échecs, appris de leurs erreurs et amorcé de nouveaux virages.»

L'exemple d'Apple

Fondée par MM. Jobs et Steve Wozniak, Apple fut l'entreprise pionnière du secteur des ordinateurs personnels dans les années 70. M. Jobs quitta l'entreprise dans les années 80, puis retourna à titre de conseiller en 1996 après qu'Apple eut accepté de faire l'acquisition de NeXT Software inc., également fondée par M. Jobs. Edgar S. Woolard, membre du conseil d'Apple à l'époque, persuada M. Jobs de reprendre les commandes de l'entreprise en 1997, alors que la société battait de l'aile.

Apple avait «grand besoin de créativité dans le domaine du leadership et d'un flot constant de produits novateurs», se souvient M. Woolard, ex-PDG de DuPont Co. «Steve est de loin le meilleur candidat de la planète pour répondre à ces exigences.»

S'attendant à un court séjour, M. Jobs occupa le poste de PDG intérimaire jusqu'en janvier 2000. Il rétablit la rentabilité de l'entreprise après deux années de pertes, lança les magasins de détail Apple et supervisa l'élaboration du lecteur numérique iPod qui redéfinit l'industrie de la musique et la société Apple.

Un fondateur vénéré qui reprend les rênes d'une entreprise peut apporter des changements draconiens puisqu'il est à même de «rallier plus aisément les troupes» qu'un nouveau venu, dit Bill Byham, PDG de Development Dimensions International, une firme-conseil en ressources humaines de Bridgeville (Pennsylvanie).

Échec possible

Mais les fondateurs qui reviennent pour un «deuxième acte» échouent parfois.

M. Waitt, cofondateur de Gateway, a cédé son poste de PDG à la fin de 1999 pour le reprendre 13 mois plus tard avec, en toile de fond, des ventes chancelantes. En 2004, il s'est de nouveau retiré de l'entreprise. Mais le nouveau PDG, Wayne Inouye, fut incapable de freiner le déclin des ventes et quitta abruptement l'entreprise en février 2006. La société signala une légère perte pour les neuf premiers mois de 2006, et l'action glissa de 20 %. M. Waitt n'a pas retourné nos appels.

Les spécialistes en leadership estiment que M. Dell devrait «préparer son successeur» sans délai.

Mais les candidats potentiels pourraient éprouver une certaine réticence, compte tenu du sort qu'a subi M. Rollins.

Selon Dr Byham, il est fort probable que les candidats estiment «qu'à la moindre bévue, M. Dell pourrait bien reprendre les manettes de son entreprise».

Par le biais d'une note de service, M. Dell a déclaré qu'il entend demeurer PDG «pendant plusieurs années encore».



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[28/10/2005] Lancement de Zalis.org