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Subprime : la crise continue
Du : 16/12/2007
Après la chute de jeudi, la tendance était vendredi à la stabilisation sur les marchés financiers, toujours déstabilisés par la crise des subprime. Ils redoutent deux risques majeurs: une déstabilisation du système bancaire mondial, et une propagation de la crise à l'économie réelle.
On n'en a décidément pas fini avec la crise des Subprimes, ces fameux prêts immobiliers accordés Outre-Atlantique à des foyers qui se sont avérés insolvables, causant la faillite de plusieurs banques prêteuses.
La crainte d’un effondrement du système bancaire mondial par effet de dominos, conjuguée à la résurgence de l’inflation, a entraîné la plongée des bourses européennes, jeudi 13 décembre. Malgré l’intervention de cinq banques centrales, qui ont décidé de se coordonner pour limiter la casse, le Cac 40 perdait ainsi 2,65%, le Footsie, l’indice phare de la bourse de Londres, 2,36%, et ce même si la tendance, vendredi, était à la stabilisation.
Que craignent les marchés financiers ? D’abord, une « crise systémique », c’est-à-dire une déstabilisation de l’ensemble du système bancaire mondial. Les banques américaines sont évidemment les premières touchées : au cours des dernières semaines, les dirigeants de Merryl Lynch et Citigroup, les plus grandes institutions financières américaines, ont ainsi été contraints à la démission, compte-tenu de l’importance des pertes des deux groupes.
Les banques suisses sont aussi concernées au premier chef, car très internationalisées : UBS, en difficulté, a ainsi dû faire appel à un fonds d'Etat singapourien pour venir à son aide. Les banques britanniques, très dépendantes des Etats-Unis, sont également en première ligne. Les déboires de la banque Northern Rock, en situation de quasi-faillite, sont à cet égard emblématiques : ils ont provoqué des mouvements de panique de clients, phénomène inédit depuis la crise de 1929.
A priori, les banques françaises, qui se sont montré plus prudentes, seraient moins exposées. On sait cependant qu’elles sont elles aussi touchées : c’est le cas notamment de la Banque populaire et de la Caisse d'épargne, qui vont devoir injecter 1,5 milliard d'euros dans une filiale américaine de leur joint-venture Natixis, ou encore de la Société Générale.
Le second risque est celui d’une contagion de la crise de la sphère financière à l’économie réelle. Cette contagion reste certes pour l’heure limitée, mais les indicateurs passent les uns après les autres au rouge. C’est le cas notamment aux Etats-Unis : la crise boursière a un impact direct sur le moral des ménages, et pourrait par extension freiner la consommation. Avec un risque de récession qui, dans un contexte de plongée du dollar, se fait de plus en prégnant.
L’Europe ne sera pas non plus épargnée : le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est ainsi dit « convaincu », vendredi 14 décembre, que la croissance en Europe serait « ralentie » par les conséquences de la crise financière actuelle. Et la France ? La crise pourrait l’atteindre par trois biais. Les exportations, d’abord : si les Américains consomment moins, cela affectera inévitablement nos entreprises exportatrices. Les investissements, ensuite : les banques étant plus prudentes, cela signifie aussi moins d’argent pour les entreprises, qui se financent en grandes parties par l’emprunt.
Sur la consommation, enfin : si les banques prêtent moins facilement, ce sont les dépenses des ménages qui risquent de fléchir. Le doute est donc de mise. Les prévisions de croissance pour 2008 concernant la France oscillent entre 1,8 % selon l’OCDE, 1,9 % pour la Banque de France, mais 2,6 % pour l’OFCE.
Si Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a maintenu mercredi une fourchette de 2 à 2,5 %, François Fillon, lui, avait reconnu lundi que la croissance française n’atteindrait sans doute pas 2 % l’an prochain.
Le gouvernement espère surtout que les mesures destinées à relancer la consommation – paquet fiscal et pouvoir d’achat – donneront un coup de fouet à l’économie. L’effet papillon des subprimes - comment les déboires des petits propriétaires américains peuvent menacer l’économie mondiale… – rappelle en tous cas les limites du volontarisme politique en la matière.
On n'en a décidément pas fini avec la crise des Subprimes, ces fameux prêts immobiliers accordés Outre-Atlantique à des foyers qui se sont avérés insolvables, causant la faillite de plusieurs banques prêteuses.
La crainte d’un effondrement du système bancaire mondial par effet de dominos, conjuguée à la résurgence de l’inflation, a entraîné la plongée des bourses européennes, jeudi 13 décembre. Malgré l’intervention de cinq banques centrales, qui ont décidé de se coordonner pour limiter la casse, le Cac 40 perdait ainsi 2,65%, le Footsie, l’indice phare de la bourse de Londres, 2,36%, et ce même si la tendance, vendredi, était à la stabilisation.
Que craignent les marchés financiers ? D’abord, une « crise systémique », c’est-à-dire une déstabilisation de l’ensemble du système bancaire mondial. Les banques américaines sont évidemment les premières touchées : au cours des dernières semaines, les dirigeants de Merryl Lynch et Citigroup, les plus grandes institutions financières américaines, ont ainsi été contraints à la démission, compte-tenu de l’importance des pertes des deux groupes.
Les banques suisses sont aussi concernées au premier chef, car très internationalisées : UBS, en difficulté, a ainsi dû faire appel à un fonds d'Etat singapourien pour venir à son aide. Les banques britanniques, très dépendantes des Etats-Unis, sont également en première ligne. Les déboires de la banque Northern Rock, en situation de quasi-faillite, sont à cet égard emblématiques : ils ont provoqué des mouvements de panique de clients, phénomène inédit depuis la crise de 1929.
A priori, les banques françaises, qui se sont montré plus prudentes, seraient moins exposées. On sait cependant qu’elles sont elles aussi touchées : c’est le cas notamment de la Banque populaire et de la Caisse d'épargne, qui vont devoir injecter 1,5 milliard d'euros dans une filiale américaine de leur joint-venture Natixis, ou encore de la Société Générale.
Le second risque est celui d’une contagion de la crise de la sphère financière à l’économie réelle. Cette contagion reste certes pour l’heure limitée, mais les indicateurs passent les uns après les autres au rouge. C’est le cas notamment aux Etats-Unis : la crise boursière a un impact direct sur le moral des ménages, et pourrait par extension freiner la consommation. Avec un risque de récession qui, dans un contexte de plongée du dollar, se fait de plus en prégnant.
L’Europe ne sera pas non plus épargnée : le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est ainsi dit « convaincu », vendredi 14 décembre, que la croissance en Europe serait « ralentie » par les conséquences de la crise financière actuelle. Et la France ? La crise pourrait l’atteindre par trois biais. Les exportations, d’abord : si les Américains consomment moins, cela affectera inévitablement nos entreprises exportatrices. Les investissements, ensuite : les banques étant plus prudentes, cela signifie aussi moins d’argent pour les entreprises, qui se financent en grandes parties par l’emprunt.
Sur la consommation, enfin : si les banques prêtent moins facilement, ce sont les dépenses des ménages qui risquent de fléchir. Le doute est donc de mise. Les prévisions de croissance pour 2008 concernant la France oscillent entre 1,8 % selon l’OCDE, 1,9 % pour la Banque de France, mais 2,6 % pour l’OFCE.
Si Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a maintenu mercredi une fourchette de 2 à 2,5 %, François Fillon, lui, avait reconnu lundi que la croissance française n’atteindrait sans doute pas 2 % l’an prochain.
Le gouvernement espère surtout que les mesures destinées à relancer la consommation – paquet fiscal et pouvoir d’achat – donneront un coup de fouet à l’économie. L’effet papillon des subprimes - comment les déboires des petits propriétaires américains peuvent menacer l’économie mondiale… – rappelle en tous cas les limites du volontarisme politique en la matière.
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