Bourse | Fonds
La loi des fonds
Du : 24/12/2007
Nécessité fait loi. Les rumeurs, ce week-end, d'une recapitalisation prochaine de la banque américaine Merrill Lynch par Temasek, un fonds de l'Etat de Singapour, voire celles, démenties depuis, d'un appel à l'aide des Caisses d'Epargne à KIA, un fonds du Koweït, montrent la puissance de la vague qui submerge aujourd'hui la finance mondiale. Les banques occidentales, ébranlées par la crise des crédits immobiliers américains à risque, les « subprimes », n'ont souvent d'autre issue que d'appeler à la rescousse des fonds étatiques étrangers, hier encore vilipendés.
L'énormité des besoins d'un côté, la richesse exubérante de l'autre, expliquent le caractère irrésistible de ce mouvement. Le cas Merrill Lynch est exemplaire. La banque, qui a affiché au troisième trimestre la plus grosse perte de ses quatre-vingt-treize ans d'histoire, après avoir été contrainte de passer dans ses comptes 8,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs,pourrait être obligée de remettre cela. Au total, depuis le début de l'été, les banques implantées aux Etats-Unis ont été contraintes d'effacer 70 milliards de dollars d'actifs de leurs bilans. Et ce n'est pas fini.
En face, les « sovereign wealth funds », littéralement les fonds de richesse souveraine, mis en place par des Etats pour gérer leur manne pétrolière ou d'énormes excédents commerciaux, sont les seuls à pouvoir mobiliser rapidement les sommes en cause. Ils géreraient au total 2.500 milliards de dollars, l'équivalent de 4 % de la capitalisation boursière mondiale. Et leur force de frappe pourrait atteindre entre 12.000 et 15.000 milliards de dollars en 2015. De quoi s'offrir une bonne part de la planète.
Tant que ces fonds ont financé le déficit des Etats-Unis, en accumulant des bons du Trésor, les Occidentaux n'ont rien trouvé à y redire. Quand ils ont tenté de s'emparer d'actifs beaucoup plus stratégiques, l'inquiétude est montée d'un cran. Au point que le G7 a réclamé, en octobre, un code de bonne conduite des « fonds souverains », demandant plus de transparence dans leur gestion. Le FMI et l'OCDE devraient faire connaître leurs premières réflexions en avril. Le premier publiera le code de conduite des fonds ; le second, celui des pays d'accueil.
Wall Street n'a pas attendu. Et les autorités américaines, qui avaient fait capoter la prise de contrôle d'un groupe pétrolier texan par un groupe public chinois, ainsi que le rachat des ports américains par un fonds de Dubaï, n'ont pas été les dernières à donner leur bénédiction. George W. Bush s'est dit récemment « à l'aise » avec ce type d'investissements. C'est dire l'urgence. On a ainsi vu Adia, un fonds d'Abu Dhabi, voler au secours de Citi, son homologue chinois CIC s'octroyer une part de Morgan Stanley, ou Citic, une banque chinoise encore, entrer au capital de Bear Stearns. Quelques banques européennes, UBS et Barclays, figurent aussi au tableau de chasse. A ce rythme, les fonds souverains pourraient éponger le tiers environ des pertes enregistrées par la place new-yorkaise.
L'énormité des besoins d'un côté, la richesse exubérante de l'autre, expliquent le caractère irrésistible de ce mouvement. Le cas Merrill Lynch est exemplaire. La banque, qui a affiché au troisième trimestre la plus grosse perte de ses quatre-vingt-treize ans d'histoire, après avoir été contrainte de passer dans ses comptes 8,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs,pourrait être obligée de remettre cela. Au total, depuis le début de l'été, les banques implantées aux Etats-Unis ont été contraintes d'effacer 70 milliards de dollars d'actifs de leurs bilans. Et ce n'est pas fini.
En face, les « sovereign wealth funds », littéralement les fonds de richesse souveraine, mis en place par des Etats pour gérer leur manne pétrolière ou d'énormes excédents commerciaux, sont les seuls à pouvoir mobiliser rapidement les sommes en cause. Ils géreraient au total 2.500 milliards de dollars, l'équivalent de 4 % de la capitalisation boursière mondiale. Et leur force de frappe pourrait atteindre entre 12.000 et 15.000 milliards de dollars en 2015. De quoi s'offrir une bonne part de la planète.
Tant que ces fonds ont financé le déficit des Etats-Unis, en accumulant des bons du Trésor, les Occidentaux n'ont rien trouvé à y redire. Quand ils ont tenté de s'emparer d'actifs beaucoup plus stratégiques, l'inquiétude est montée d'un cran. Au point que le G7 a réclamé, en octobre, un code de bonne conduite des « fonds souverains », demandant plus de transparence dans leur gestion. Le FMI et l'OCDE devraient faire connaître leurs premières réflexions en avril. Le premier publiera le code de conduite des fonds ; le second, celui des pays d'accueil.
Wall Street n'a pas attendu. Et les autorités américaines, qui avaient fait capoter la prise de contrôle d'un groupe pétrolier texan par un groupe public chinois, ainsi que le rachat des ports américains par un fonds de Dubaï, n'ont pas été les dernières à donner leur bénédiction. George W. Bush s'est dit récemment « à l'aise » avec ce type d'investissements. C'est dire l'urgence. On a ainsi vu Adia, un fonds d'Abu Dhabi, voler au secours de Citi, son homologue chinois CIC s'octroyer une part de Morgan Stanley, ou Citic, une banque chinoise encore, entrer au capital de Bear Stearns. Quelques banques européennes, UBS et Barclays, figurent aussi au tableau de chasse. A ce rythme, les fonds souverains pourraient éponger le tiers environ des pertes enregistrées par la place new-yorkaise.
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