M&A | Fusions acquisitions
Oracle rachète BEA pour 8,5 milliards de dollars
Du : 16/01/2008
Ce mercredi 16 janvier 2008 marquera une date dans la consolidation de l'industrie logicielle. Oracle a donc fini par avoir raison de BEA et rachète le spécialiste du middleware pour 8,5 milliards, une somme significativement supérieure au montant initialement proposé. De son côté, Sun procède à l'acquisition de MySQL, le numéro Un des bases de données Open Source
Quand Larry Ellisson s'est mis en tête de racheter une entreprise, il est assez difficile de lui résister. On se souvient de l'épisode Peoplesoft où le spécialiste des ERP orienté RH qui avait maintenu en haleine le secteur informatique pendant 18 mois. BEA n'aura, lui pas tenu plus de trois mois. Oracle indique réaliser l'acquisition de BEA pour un montant de 8,5 milliards de dollars, soit une sur cote de 24 % par rapport au dernier cours de mardi à 19,38 dollars. Et c'est plus que la dernière offre refusée par BEA qui était fixée à 6,7 milliards de dollars.
Retour sur cette affaire dont l'issue ne laissait guère de doute. Mi-octobre, Oracle a fait une première proposition à hauteur de 17 dollars d'action, soit une prime de 25 % par rapport au cours par rapport à la dernière cotation. Dans sa réponse officielle, Dans sa réponse, William Klein, Executive Vice President of Business Planning & Development, n'a pas répondu négativement à cette offre, mais a fait savoir que la valeur de BEA était significativement plus élevée. Justifiant sa réponse par le fait que « nous pensons que l'absence d'information financière sur les marchés publics limite la visibilité de nos performances aux investisseurs ». Cette opération a fait s'envoler le cours de l'action de BEA vendredi au niveau de 18,84 dollars, un niveau de 10 % supérieure à l'offre d'Oracle. C'était donc une fin de non recevoir indiquant toutefois que BEA n'était pas hostile a être racheté, il suffisait d'en mettre le prix, BEA indiquant qu'elle ne descendrait pas en dessous des 21 dollars.
Sur quelle idée, Oracle fixe actuellement la valeur supérieure de son offre à 17 dollars l'action ? Dans un des courriers qu'il a envoyés au conseil d'administration de BEA Charles Phillips, president d'Oracle affirme que « personne ne voudrait sérieusement considérer payer plus pour un éditeur de logiciel dont les ventes de logiciels diminuent ». BEA a repoussé les offres d'Oracle en faisant une contre proposition à 21 dollars.
Cet écart entre 17 et 21 dollars peut sembler important, mais au final il n'a pas pesé devant la détermination d'Oracle de saisir sa proie. Les exemples précédents montraient que le prix n'est sans doute pas rédhibitoire. Dans le cas de Peoplesoft, Oracle n'avait-il pas offert 5,1 milliards de dollars au départ de la saga pour accepter au final une transaction de 10,3 milliards de dollars. Si donc, Larry Ellisson veut vraiment acheter BEA et par la même occasion supprimer un concurrent, il sera certainement prêt à faire un petit effort. Sur les dernières années, Oracle a dépensé plus de 20 milliards de dollars et racheté 33 éditeurs de logiciels.
BEA n'était pas à vendre, mais Oracle voulait l'acheter
A priori, BEA (des prénoms de ses trois fondateurs : Bill Coleman, Ed Scott et Alfred Chuang), n'était pas à vendre, mais un événement externe intervenu en septembre avait modifié le cours des choses. En effet, le 14 septembre dernier, le milliardaire Carl Icahn avait informé la SEC qu'il détenait 33,4 millions d'actions de l'entreprise représentant 8,5 % du capital et précisait qu'il entendait pousser le conseil d'administration à trouver un acquéreur. Il a continué à accroître sa participation dans BEA pour atteindre 13,22 %.
Les motivations de Carl Icahn étaient que la valeur de BEA n'est pas suffisamment reconnue par les analystes financiers et pourrait être bonifiée. De son côté, le conseil d'administration de BEA réfutait l'idée selon laquelle la vente de l'entreprise bénéficie aux actionnaires. En fait, l'intérêt pourrait être directement lié à la valeur proposée par les acquéreurs potentiels.
Suite aux refus répétés de BEA, les responsables d'Oracle ont indiqué qu'ils feraient peut-être de nouvelles propositions, mais à un prix inférieur. Ils ont par ailleurs lancé un appel aux actionnaires de BEA pour qu'ils se manifestent.
Rachat de parts de marché plutôt que de technologies
Pour Massimo Pezzini auteur d'une note datée du 17 octobre (Oracle Seeks to consolidate the Middleware market with BEA Deal), Oracle ne souhaite pas acquérir des technologies, plutôt des parts de marché. Fort de ce rachat, la firme de Larry Ellisson devient numéro deux du marché du middleware derrière IBM. Ces deux fournisseurs se concentrant plutôt sur le monde Java.
Pour l'analyste du Gartner, les catalogues middleware des deux fournisseurs - Oracle et BEA - présentent de larges redondances et l'acquisition nécessitera une forte opération de rationalisation. Certains produits comme Tuxedo et le serveur d'application WebLogic génèrent des revenus intéressants en maintenance, il sera donc intéressant pour Oracle de faire évoluer ces solutions, même s'ils ne sont pas essentiels dans la stratégie Fusion d'Oracle. D'autres produits comme JRockit, Aqualogic BPM, Aqualogic PEP et Aqualogic Enterprise Repository complète Fusion et seront intéressant à intégrer à la solution de middleware. La technologie de BEA est, en général de meilleure qualité que celle d'Oracle, estime Massimo Pezzini, il sera donc peut-être pertinent pour Oracle de les remplacer au détriment de ses propres produits.
Quand Larry Ellisson s'est mis en tête de racheter une entreprise, il est assez difficile de lui résister. On se souvient de l'épisode Peoplesoft où le spécialiste des ERP orienté RH qui avait maintenu en haleine le secteur informatique pendant 18 mois. BEA n'aura, lui pas tenu plus de trois mois. Oracle indique réaliser l'acquisition de BEA pour un montant de 8,5 milliards de dollars, soit une sur cote de 24 % par rapport au dernier cours de mardi à 19,38 dollars. Et c'est plus que la dernière offre refusée par BEA qui était fixée à 6,7 milliards de dollars.
Retour sur cette affaire dont l'issue ne laissait guère de doute. Mi-octobre, Oracle a fait une première proposition à hauteur de 17 dollars d'action, soit une prime de 25 % par rapport au cours par rapport à la dernière cotation. Dans sa réponse officielle, Dans sa réponse, William Klein, Executive Vice President of Business Planning & Development, n'a pas répondu négativement à cette offre, mais a fait savoir que la valeur de BEA était significativement plus élevée. Justifiant sa réponse par le fait que « nous pensons que l'absence d'information financière sur les marchés publics limite la visibilité de nos performances aux investisseurs ». Cette opération a fait s'envoler le cours de l'action de BEA vendredi au niveau de 18,84 dollars, un niveau de 10 % supérieure à l'offre d'Oracle. C'était donc une fin de non recevoir indiquant toutefois que BEA n'était pas hostile a être racheté, il suffisait d'en mettre le prix, BEA indiquant qu'elle ne descendrait pas en dessous des 21 dollars.
Sur quelle idée, Oracle fixe actuellement la valeur supérieure de son offre à 17 dollars l'action ? Dans un des courriers qu'il a envoyés au conseil d'administration de BEA Charles Phillips, president d'Oracle affirme que « personne ne voudrait sérieusement considérer payer plus pour un éditeur de logiciel dont les ventes de logiciels diminuent ». BEA a repoussé les offres d'Oracle en faisant une contre proposition à 21 dollars.
Cet écart entre 17 et 21 dollars peut sembler important, mais au final il n'a pas pesé devant la détermination d'Oracle de saisir sa proie. Les exemples précédents montraient que le prix n'est sans doute pas rédhibitoire. Dans le cas de Peoplesoft, Oracle n'avait-il pas offert 5,1 milliards de dollars au départ de la saga pour accepter au final une transaction de 10,3 milliards de dollars. Si donc, Larry Ellisson veut vraiment acheter BEA et par la même occasion supprimer un concurrent, il sera certainement prêt à faire un petit effort. Sur les dernières années, Oracle a dépensé plus de 20 milliards de dollars et racheté 33 éditeurs de logiciels.
BEA n'était pas à vendre, mais Oracle voulait l'acheter
A priori, BEA (des prénoms de ses trois fondateurs : Bill Coleman, Ed Scott et Alfred Chuang), n'était pas à vendre, mais un événement externe intervenu en septembre avait modifié le cours des choses. En effet, le 14 septembre dernier, le milliardaire Carl Icahn avait informé la SEC qu'il détenait 33,4 millions d'actions de l'entreprise représentant 8,5 % du capital et précisait qu'il entendait pousser le conseil d'administration à trouver un acquéreur. Il a continué à accroître sa participation dans BEA pour atteindre 13,22 %.
Les motivations de Carl Icahn étaient que la valeur de BEA n'est pas suffisamment reconnue par les analystes financiers et pourrait être bonifiée. De son côté, le conseil d'administration de BEA réfutait l'idée selon laquelle la vente de l'entreprise bénéficie aux actionnaires. En fait, l'intérêt pourrait être directement lié à la valeur proposée par les acquéreurs potentiels.
Suite aux refus répétés de BEA, les responsables d'Oracle ont indiqué qu'ils feraient peut-être de nouvelles propositions, mais à un prix inférieur. Ils ont par ailleurs lancé un appel aux actionnaires de BEA pour qu'ils se manifestent.
Rachat de parts de marché plutôt que de technologies
Pour Massimo Pezzini auteur d'une note datée du 17 octobre (Oracle Seeks to consolidate the Middleware market with BEA Deal), Oracle ne souhaite pas acquérir des technologies, plutôt des parts de marché. Fort de ce rachat, la firme de Larry Ellisson devient numéro deux du marché du middleware derrière IBM. Ces deux fournisseurs se concentrant plutôt sur le monde Java.
Pour l'analyste du Gartner, les catalogues middleware des deux fournisseurs - Oracle et BEA - présentent de larges redondances et l'acquisition nécessitera une forte opération de rationalisation. Certains produits comme Tuxedo et le serveur d'application WebLogic génèrent des revenus intéressants en maintenance, il sera donc intéressant pour Oracle de faire évoluer ces solutions, même s'ils ne sont pas essentiels dans la stratégie Fusion d'Oracle. D'autres produits comme JRockit, Aqualogic BPM, Aqualogic PEP et Aqualogic Enterprise Repository complète Fusion et seront intéressant à intégrer à la solution de middleware. La technologie de BEA est, en général de meilleure qualité que celle d'Oracle, estime Massimo Pezzini, il sera donc peut-être pertinent pour Oracle de les remplacer au détriment de ses propres produits.
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