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Davantage de procédures pour contrôler les professionnels de la finance
Du : 25/01/2008
Tout le monde sait à présent ce qui se cache derrière le terme de "subprimes" hélas quotidiennement utilisé. Livrons-nous néanmoins à un bilan global des pertes annoncées - à ce jour - par les banques et institutions financières de par le monde. Les chiffres qui suivent comprennent à la fois les pertes sèches et les réserves créées par ces établissements pour prêts consentis à débiteurs non solvables, mais également les pertes sur divers instruments financiers et autres crédits non remboursés du fait de la crise des subprimes.
Ces chiffres en milliards de dollars US sont pour :
Merrill Lynch : 24.5 - Citigroup : 22.1 - UBS : 14.4 - Hong Kong & Shangai group HSBC : 10.7 - Morgan Stanley : 9.4 - Bank of America : 7.9 - Washington Mutual : 6.5 - Crédit agricole : 4.9 - Wachovia : 4.7 - JP Morgan Chase : 3.2 - Canadian Imperial Bank of Commerce : 3.2 - Barclays : 2.7 - Bear Stearns : 2.6 - Royal Bank of Scottland : 2.5 - Deutsche Bank . 2.3 - Wells Fargo : 1.7 - Lehman Brothers : 1.5 - Mizuho Financial Japon : 1.5 - National City : 1.4 - Crédit suisse : 1 - Nomura Holdings Japon : 0.9 - Société générale (hors pertes annoncées ce jour dues à des malversations) : 0.5 - Autres banques japonaises . 1.2 - Autres banques canadiennes : 1.5
Le total provisoire de ces pertes dépasse les 130 milliards de dollars, soit 88 milliards d’euros.
Par-delà l’énormité de ce chiffre effroyable, il est remarquable que certains établissements subissent de plein fouet cette débâcle tandis que d’autres tirent très honorablement leur épingle du jeu... Ainsi, quelle est la différence entre Citigroup et JP Morgan Chase ? Morgan Stanley et Lehman ? UBS et Crédit suisse ? La structure de toutes ces banques est très similaire et pourtant Lehman accuse une perte 16 fois inférieure à celle de Merrill Lynch. De plus, les actions de certaines banques ont dégringolé de plus de 35 % en 2007 alors que d’autres ont tout au plus perdu quelques points.
Divers facteurs entrent en ligne de compte. La chance - ou malchance pour la majorité - en est un... mais le facteur principal s’appelle "appât du gain". Ainsi, ceux qui ont le mieux résisté à la crise sont ceux qui se sont révélés les moins gourmands et qui ne se sont pas lancés à corps perdus dans une quête exacerbée du profit, méprisant du même coup les règles élémentaires propres à toute bonne gouvernance.
C’est au début du siècle que cette compétition effrénée au profit est passée à la vitesse supérieure car la part du gâteau se réduisait de plus en plus à cause de nouveaux intervenants apparus sur le marché qu’étaient les "hedge funds", fonds spéculatifs qui rognaient de plus en plus sur les profits des banques traditionnelles du fait des paris toujours plus risqués que ces fonds prenaient. Au même moment, une certaine catégorie d’institutions - parmi lesquelles la très prestigieuse Goldman Sachs - se détournait de la banque d’investissement pour faire des profits gigantesques dans le domaine des fusions/acquisitions ou "private equity " ainsi que dans des opérations boursières financées par leurs fonds propres. Dans un contexte où Goldman Sachs et les fonds spéculatifs enregistraient des bénéfices sans précédents, le banquier d’investissement classique se sentait frustré d’être le parent pauvre de la finance, quand il n’était pas mis sous pression par ses propres actionnaires jaloux des profits générés par les banques comme Goldman... Ainsi, l’ancien patron de Merrill Lynch, O’Neal, blâmait-il régulièrement ses collaborateurs incapables d’atteindre les bénéfices de Goldman ! L’ancienne numéro 2 de Morgan Stanley, Zoé Cruz, se plaisait-elle à mesurer les performances de sa banque à l’aune de celles de Goldman Sachs ! La résultante a donc consisté en une prise de risques considérables de la part de ces institutions alors même qu’une des raisons principales du succès d’entreprises telles que Goldman réside précisément dans sa politique disciplinée de "risk management" ou gestion des risques. De plus, tout développement et bénéfices stables doivent nécessairement reposer sur une stratégie à moyen terme, en tout cas sur une stratégie ne cédant à aucune précipitation. C’est pourtant le contre-pied de cette attitude qu’ont adopté les banques sinistrées car, il y a seulement cinq ans, pratiquement aucune d’entre elles n’était impliquée dans le marché des subprimes, encore moins dans la "titrisation" de ces prêts immobiliers en fonction de différents niveaux de risques. Ne voilà-t-il pas que c’est ces mêmes banques qui, en 2006, sont les grands noms des prêts et titres subprimes, rejoignant et dépassant tous leurs concurrents sur le plan des profits générés ! Cependant, dans ce marché neuf, sans grande visibilité et qui s’est développé très rapidement, les banquiers en question ont commis toute une gamme d’erreurs dont celle de ne pas mettre en place un système de contrôle des risques à même de tirer la sonnette d’alarme afin d’éviter des dégâts irréversibles. C’est donc les établissements ayant commis ce type de fautes ou de négligences qui sont maintenant les plus exposés. Le groupe UBS s’est par exemple profondément engagé dans l’immobilier résidentiel, non du fait d’une vision stratégique privilégiant ce marché, mais tout simplement parce que le marché résidentiel était le plus facile à pénétrer en termes de subprimes et de titrisations !
Y a-t-il une conclusion ou des conclusions à tirer de tels agissements, pour le moins peu professionnels, criminels même dans la mesure où les retombées nous affectent tous ? Quand des professionnels reconnus de la finance en sont pratiquement réduits à vendre leurs établissements à l’encan pour leur éviter la faillite, la seule solution qui reste aux pouvoirs publics - dont ce n’est pourtant pas le rôle dans un monde libéral - est de mettre en place de plus en plus de procédures pour contrôler ces mêmes professionnels.
Ces chiffres en milliards de dollars US sont pour :
Merrill Lynch : 24.5 - Citigroup : 22.1 - UBS : 14.4 - Hong Kong & Shangai group HSBC : 10.7 - Morgan Stanley : 9.4 - Bank of America : 7.9 - Washington Mutual : 6.5 - Crédit agricole : 4.9 - Wachovia : 4.7 - JP Morgan Chase : 3.2 - Canadian Imperial Bank of Commerce : 3.2 - Barclays : 2.7 - Bear Stearns : 2.6 - Royal Bank of Scottland : 2.5 - Deutsche Bank . 2.3 - Wells Fargo : 1.7 - Lehman Brothers : 1.5 - Mizuho Financial Japon : 1.5 - National City : 1.4 - Crédit suisse : 1 - Nomura Holdings Japon : 0.9 - Société générale (hors pertes annoncées ce jour dues à des malversations) : 0.5 - Autres banques japonaises . 1.2 - Autres banques canadiennes : 1.5
Le total provisoire de ces pertes dépasse les 130 milliards de dollars, soit 88 milliards d’euros.
Par-delà l’énormité de ce chiffre effroyable, il est remarquable que certains établissements subissent de plein fouet cette débâcle tandis que d’autres tirent très honorablement leur épingle du jeu... Ainsi, quelle est la différence entre Citigroup et JP Morgan Chase ? Morgan Stanley et Lehman ? UBS et Crédit suisse ? La structure de toutes ces banques est très similaire et pourtant Lehman accuse une perte 16 fois inférieure à celle de Merrill Lynch. De plus, les actions de certaines banques ont dégringolé de plus de 35 % en 2007 alors que d’autres ont tout au plus perdu quelques points.
Divers facteurs entrent en ligne de compte. La chance - ou malchance pour la majorité - en est un... mais le facteur principal s’appelle "appât du gain". Ainsi, ceux qui ont le mieux résisté à la crise sont ceux qui se sont révélés les moins gourmands et qui ne se sont pas lancés à corps perdus dans une quête exacerbée du profit, méprisant du même coup les règles élémentaires propres à toute bonne gouvernance.
C’est au début du siècle que cette compétition effrénée au profit est passée à la vitesse supérieure car la part du gâteau se réduisait de plus en plus à cause de nouveaux intervenants apparus sur le marché qu’étaient les "hedge funds", fonds spéculatifs qui rognaient de plus en plus sur les profits des banques traditionnelles du fait des paris toujours plus risqués que ces fonds prenaient. Au même moment, une certaine catégorie d’institutions - parmi lesquelles la très prestigieuse Goldman Sachs - se détournait de la banque d’investissement pour faire des profits gigantesques dans le domaine des fusions/acquisitions ou "private equity " ainsi que dans des opérations boursières financées par leurs fonds propres. Dans un contexte où Goldman Sachs et les fonds spéculatifs enregistraient des bénéfices sans précédents, le banquier d’investissement classique se sentait frustré d’être le parent pauvre de la finance, quand il n’était pas mis sous pression par ses propres actionnaires jaloux des profits générés par les banques comme Goldman... Ainsi, l’ancien patron de Merrill Lynch, O’Neal, blâmait-il régulièrement ses collaborateurs incapables d’atteindre les bénéfices de Goldman ! L’ancienne numéro 2 de Morgan Stanley, Zoé Cruz, se plaisait-elle à mesurer les performances de sa banque à l’aune de celles de Goldman Sachs ! La résultante a donc consisté en une prise de risques considérables de la part de ces institutions alors même qu’une des raisons principales du succès d’entreprises telles que Goldman réside précisément dans sa politique disciplinée de "risk management" ou gestion des risques. De plus, tout développement et bénéfices stables doivent nécessairement reposer sur une stratégie à moyen terme, en tout cas sur une stratégie ne cédant à aucune précipitation. C’est pourtant le contre-pied de cette attitude qu’ont adopté les banques sinistrées car, il y a seulement cinq ans, pratiquement aucune d’entre elles n’était impliquée dans le marché des subprimes, encore moins dans la "titrisation" de ces prêts immobiliers en fonction de différents niveaux de risques. Ne voilà-t-il pas que c’est ces mêmes banques qui, en 2006, sont les grands noms des prêts et titres subprimes, rejoignant et dépassant tous leurs concurrents sur le plan des profits générés ! Cependant, dans ce marché neuf, sans grande visibilité et qui s’est développé très rapidement, les banquiers en question ont commis toute une gamme d’erreurs dont celle de ne pas mettre en place un système de contrôle des risques à même de tirer la sonnette d’alarme afin d’éviter des dégâts irréversibles. C’est donc les établissements ayant commis ce type de fautes ou de négligences qui sont maintenant les plus exposés. Le groupe UBS s’est par exemple profondément engagé dans l’immobilier résidentiel, non du fait d’une vision stratégique privilégiant ce marché, mais tout simplement parce que le marché résidentiel était le plus facile à pénétrer en termes de subprimes et de titrisations !
Y a-t-il une conclusion ou des conclusions à tirer de tels agissements, pour le moins peu professionnels, criminels même dans la mesure où les retombées nous affectent tous ? Quand des professionnels reconnus de la finance en sont pratiquement réduits à vendre leurs établissements à l’encan pour leur éviter la faillite, la seule solution qui reste aux pouvoirs publics - dont ce n’est pourtant pas le rôle dans un monde libéral - est de mettre en place de plus en plus de procédures pour contrôler ces mêmes professionnels.
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