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Microsoft veut s'offrir Yahoo! pour mieux concurrencer Google

Du : 03/02/2008

Source : http://latribunedegeneve

Le géant américain Microsoft est prêt à débourser plus de 48 milliards de francs pour racheter Yahoo! Son objectif, voire son obsession: contrer l'hégémonie de google, inébranlable leader de la recherche sur l'internet et de la publicité en ligne.


C'est un coup de tonnerre qui a secoué hier l'économie Internet. Microsoft, le numéro un mondial du logiciel, a dévoilé la proposition de rachat qu'il a faite à Yahoo! 44,6 milliards de dollars payables en cash ou en échange d'actions.

Econduit l'année dernière dans une même démarche, Bill Gates a bien choisi son moment. En crise depuis plusieurs mois, Yahoo! voit son bénéfice chuter et son concurrent google lui chiper irrésistiblement des parts de marché.

C'est d'ailleurs cet «ennemi commun» qui justifie presqu'à lui seul la démarche de rachat proposée par Microsoft. Cette fusion serait, selon son PDG Steve Ballmer, la seule façon de contester la domination de google sur Internet.

L'enjeu principal est celui de la publicité en ligne. Un marché évalué par Microsoft à 40 milliards de dollars l'année dernière et qui devrait doubler dans les trois ans à venir. Actuellement, près de la moitié de cet appétissant gâteau est liée à l'usage des moteurs de recherche, que ce soit sous forme d'achat de mots-clés ou de liens publicitaires contextuels insérés sur des sites tiers. Et dans ce domaine, google a pris une sérieuse longueur d'avance malgré les investissements massifs consentis par ses deux concurrents.

Selon l'institut Comscore, plus de 62% des recherches faites en ligne au mois de décembre l'ont été sur google. Yahoo! était loin derrière avec moins de 13% des requêtes, alors que Microsoft ne pointait qu'en quatrième position derrière un moteur chinois, avec moins de 3% du marché.

Des chiffres d'autant plus décevants que Steve Ballmer a fixé un cap très ambitieux en termes de diversification sur Internet: un quart des revenus de Microsoft, soit 15 milliards de dollars, devra provenir de la publicité en ligne d'ici à cinq ans. Un objectif que seules des acquisitions majeures permettraient d'atteindre.
Réponse prudente

Avec Yahoo!, l'icône pâlissante de la Silicon Valley, la cible était toute trouvée. Son conseil d'administration s'est pour l'instant contenté de répondre qu'il va «soigneusement et rapidement» étudier cette offre «non sollicitée».

Au cas où il la rejetterait comme il l'avait déjà fait en février 2007, Microsoft n'a pas caché son intention de s'adresser directement aux actionnaires par le biais d'une offre publique d'achat. Elle a les moyens de ses ambitions: son premier prix était de 62% supérieur à celui du cours de clôture de Yahoo! la veille au soir.

Si l'opération aboutissait, ce serait le plus gros rachat effectué par Microsoft et cela battrait tous les records en termes d'acquisition dans le secteur de la technologie. Les risques sont pourtant élevés. Le mariage aussi coûteux que raté entre AOL et Time Warner ou les difficultés de la fusion entre HP et Compaq sont encore dans toutes les mémoires. Et Microsoft a beau tabler sur des synergies estimées à un milliard de dollars, la fusion des deux cultures d'entreprises est loin d'être assurée. Hier, Wall Street est resté prudent: Microsoft a perdu 6,30% et Yahoo! ne gagnait «que» 48,50%, bien moins que la prime offerte aux actionnaires. google a aussi perdu des plumes (-7,72%).