M&A | Fusions acquisitions
Les fusions-acquisitions font peser une incertitude sur les notes des télécoms
Auteur : Olivier Decarre
Du : 06/07/2008
Les opérateurs conservent de confortables cash-flows. Mais investissements et dividendes en consomment déjà une large partie, d’après S&P
Au premier semestre, les opérateurs télécoms européens ont engagé pas moins de 34 milliards d’euros dans des fusions-acquisitions. Et la consolidation promet de se poursuivre. C’est d’ailleurs le point que met en avant Standard & Poor’s dans une étude, assurant que «les fusions-acquisitions sont le principal facteur d'incertitude pour les notes à court terme».
Pour cela, l’agence s’appuie sur deux arguments. «Bien que cette stratégie de course à la taille puisse être payante à long terme, ces transactions s’accompagnent aussi de risques d’intégration significatifs et les synergies ne sont pas évidentes à réaliser», indique-t-elle en premier lieu.
Parallèlement, elle pointe la marge de manœuvre limitée dans certains cas. Certes, grâce à une gestion serrée et à la concurrence qui règne chez leurs fournisseurs, les opérateurs ont prouvé leur capacité à sécuriser leur Ebitda et partant leurs cash-flows, qui dépasseront les 200 milliards d’euros au cumul sur 2007 et 2008 (voir graphique). Il n’empêche que malgré leurs lourds investissements (112 milliards sur 2007-2008), les opérateurs se montrent toujours généreux avec leurs actionnaires.
A fin mars, sur douze mois glissants, 35 milliards d’euros de dividendes (6 % de rendement) avaient ainsi été versés par les télécoms, soit «environ les deux tiers de leur cash-flow libre opérationnel», précise S&P, et environ 60 % de leurs investissements. Tant et si bien qu’en ajoutant les rachats d’actions (8,5 milliards sur un an glissant), et l’accroissement des F&A, «plusieurs opérateurs ont publié des cash-flows négatifs en 2007 avant financements», poursuit l’agence.
Il ne faut toutefois pas redouter une crise de liquidités. Car les récentes émissions de dette chez France Télécom, KPN, BT, Telecom Italia, Telefonica ou encore Deutsche Telekom prouvent que les sources de financement ne se sont pas taries pour les télécoms. Reste qu’il va sans dire qu’un recours excessif à l’emprunt pour payer des acquisitions risquerait de faire reculer des notations, qui pour la plupart se situent entre A- et BBB. A moins que les opérateurs décident de faire preuve de discipline financière, à l’image de France Télécom qui a préféré abandonner une offre qui, si elle avait été améliorée, aurait pu faire monter sa dette au-delà du plafond convenu de 2,5 fois l’Ebitda.
Au premier semestre, les opérateurs télécoms européens ont engagé pas moins de 34 milliards d’euros dans des fusions-acquisitions. Et la consolidation promet de se poursuivre. C’est d’ailleurs le point que met en avant Standard & Poor’s dans une étude, assurant que «les fusions-acquisitions sont le principal facteur d'incertitude pour les notes à court terme».
Pour cela, l’agence s’appuie sur deux arguments. «Bien que cette stratégie de course à la taille puisse être payante à long terme, ces transactions s’accompagnent aussi de risques d’intégration significatifs et les synergies ne sont pas évidentes à réaliser», indique-t-elle en premier lieu.
Parallèlement, elle pointe la marge de manœuvre limitée dans certains cas. Certes, grâce à une gestion serrée et à la concurrence qui règne chez leurs fournisseurs, les opérateurs ont prouvé leur capacité à sécuriser leur Ebitda et partant leurs cash-flows, qui dépasseront les 200 milliards d’euros au cumul sur 2007 et 2008 (voir graphique). Il n’empêche que malgré leurs lourds investissements (112 milliards sur 2007-2008), les opérateurs se montrent toujours généreux avec leurs actionnaires.
A fin mars, sur douze mois glissants, 35 milliards d’euros de dividendes (6 % de rendement) avaient ainsi été versés par les télécoms, soit «environ les deux tiers de leur cash-flow libre opérationnel», précise S&P, et environ 60 % de leurs investissements. Tant et si bien qu’en ajoutant les rachats d’actions (8,5 milliards sur un an glissant), et l’accroissement des F&A, «plusieurs opérateurs ont publié des cash-flows négatifs en 2007 avant financements», poursuit l’agence.
Il ne faut toutefois pas redouter une crise de liquidités. Car les récentes émissions de dette chez France Télécom, KPN, BT, Telecom Italia, Telefonica ou encore Deutsche Telekom prouvent que les sources de financement ne se sont pas taries pour les télécoms. Reste qu’il va sans dire qu’un recours excessif à l’emprunt pour payer des acquisitions risquerait de faire reculer des notations, qui pour la plupart se situent entre A- et BBB. A moins que les opérateurs décident de faire preuve de discipline financière, à l’image de France Télécom qui a préféré abandonner une offre qui, si elle avait été améliorée, aurait pu faire monter sa dette au-delà du plafond convenu de 2,5 fois l’Ebitda.
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