Bourse | Fonds
Merrill Lynch plonge dans les tréfonds de la crise
Du : 18/07/2008
Merrill Lynch, l'une des plus importantes banques d'affaires américaines, est aussi l'une des plus touchées par la crise. Depuis un an, elle enregistre, trimestre après trimestre, des pertes nettes plombant sa trésorerie. Et les perspectives ne sont pas au beau fixe.
"Nous sommes encore dans une période difficile. Les prix de l'immobilier chutent toujours, alors que ceux de l'énergie et des produits alimentaires augmentent. Et le chômage augmente aussi. Tout cela pèse sur l'économie, et ce n'est pas bon pour les affaires." Ces mots sortent de la bouche de John Thain, CEO de la troisième banque d'affaires américaine, Merrill Lynch. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne laissent rien présager de bon.
Pourtant, au vu des résultats affichés par la banque au second trimestre 2008, on serait tenté de penser que rien ne pourrait être pire. C'est que, pour le quatrième trimestre consécutif, Merrill Lynch doit faire face à une perte nette, qui s'élève cette fois à 4,89 milliards de dollars. Cela fait donc un bilan annuel négatif de 19 milliards... Par action, la perte enregistrée sur les mois d'avril à juin s'élève à 4,97 dollars, là où les analystes la voyaient à 1,91. Déception donc, du côté des marchés. La sanction ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. La banque, qui avait pris soin d'attendre la clôture de Wall Street, jeudi soir, avant de publier ses résultats, a néanmoins vu son titre perdre 9,6% dans les échanges électroniques suivant la fermeture de la Bourse.
Pas de problème de solvabilité, rassure Merrill
"Clairement, la taille de la perte trimestrielle est une surprise", explique à Bloomberg un analyste de Chicago. "Les questions resteront encore en suspens, notamment à savoir quand cette série (de pertes annoncées) prendra fin, et si Merrill Lynch possède assez de capital pour affronter la tempête". A ce niveau, la banque a tenu à rassurer les investisseurs, en affirmant que sa trésorerie atteignait un niveau record de 92 milliards de dollars. Tout cela sans compter les 8 milliards à venir découlant de la cession d'actifs (notamment la vente de 20% de participations dans l'agence de presse financière Bloomberg, une transaction estimée à 4,42 milliards de dollars).
Mais si la banque continue à accumuler les dépréciations comme elle l'a fait au second trimestre, cette confortable trésorerie risque de fondre comme neige au soleil. En effet, entre avril et juin, Merrill Lynch a tout de même dû déprécier quelque 9,4 milliards de dollars, répartis comme suit: 3,5 milliards sur des produits dérivés à risque, 2,9 milliards sur son exposition aux rehausseurs de crédit, 1,7 milliard suite à de mauvais investissements dans des banques américaines, et 1,3 milliard dans l'immobilier.
Merrill Lynch est clairement l'une des banques les plus touchées par l'actuelle crise financière enclenchée il y a un an avec les subprimes. La banque a perdu 34,2% de sa valeur sur les trois derniers mois, et 71,47% depuis le 15 juillet 2007. Elle se classe ainsi en queue de peloton d'un classement des 60 banques les plus performantes , réalisé par Thomson Reuters pour le compte de LExpress.fr. JPMorgan en revanche, qui a annoncé des résultats honorables jeudi , parvient à se maintenir dans le haut du classement.
Matthieu Lethé
"Nous sommes encore dans une période difficile. Les prix de l'immobilier chutent toujours, alors que ceux de l'énergie et des produits alimentaires augmentent. Et le chômage augmente aussi. Tout cela pèse sur l'économie, et ce n'est pas bon pour les affaires." Ces mots sortent de la bouche de John Thain, CEO de la troisième banque d'affaires américaine, Merrill Lynch. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne laissent rien présager de bon.
Pourtant, au vu des résultats affichés par la banque au second trimestre 2008, on serait tenté de penser que rien ne pourrait être pire. C'est que, pour le quatrième trimestre consécutif, Merrill Lynch doit faire face à une perte nette, qui s'élève cette fois à 4,89 milliards de dollars. Cela fait donc un bilan annuel négatif de 19 milliards... Par action, la perte enregistrée sur les mois d'avril à juin s'élève à 4,97 dollars, là où les analystes la voyaient à 1,91. Déception donc, du côté des marchés. La sanction ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. La banque, qui avait pris soin d'attendre la clôture de Wall Street, jeudi soir, avant de publier ses résultats, a néanmoins vu son titre perdre 9,6% dans les échanges électroniques suivant la fermeture de la Bourse.
Pas de problème de solvabilité, rassure Merrill
"Clairement, la taille de la perte trimestrielle est une surprise", explique à Bloomberg un analyste de Chicago. "Les questions resteront encore en suspens, notamment à savoir quand cette série (de pertes annoncées) prendra fin, et si Merrill Lynch possède assez de capital pour affronter la tempête". A ce niveau, la banque a tenu à rassurer les investisseurs, en affirmant que sa trésorerie atteignait un niveau record de 92 milliards de dollars. Tout cela sans compter les 8 milliards à venir découlant de la cession d'actifs (notamment la vente de 20% de participations dans l'agence de presse financière Bloomberg, une transaction estimée à 4,42 milliards de dollars).
Mais si la banque continue à accumuler les dépréciations comme elle l'a fait au second trimestre, cette confortable trésorerie risque de fondre comme neige au soleil. En effet, entre avril et juin, Merrill Lynch a tout de même dû déprécier quelque 9,4 milliards de dollars, répartis comme suit: 3,5 milliards sur des produits dérivés à risque, 2,9 milliards sur son exposition aux rehausseurs de crédit, 1,7 milliard suite à de mauvais investissements dans des banques américaines, et 1,3 milliard dans l'immobilier.
Merrill Lynch est clairement l'une des banques les plus touchées par l'actuelle crise financière enclenchée il y a un an avec les subprimes. La banque a perdu 34,2% de sa valeur sur les trois derniers mois, et 71,47% depuis le 15 juillet 2007. Elle se classe ainsi en queue de peloton d'un classement des 60 banques les plus performantes , réalisé par Thomson Reuters pour le compte de LExpress.fr. JPMorgan en revanche, qui a annoncé des résultats honorables jeudi , parvient à se maintenir dans le haut du classement.
Matthieu Lethé
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