M&A | Fusions acquisitions
Merrill Lynch prévoit un recul de l'activité fusion-acquisition
Auteur : Julien Ponthus
Du : 17/12/2008
Le bureau parisien de Merrill Lynch table sur une baisse de 15 à 20% de l'ensemble des commissions versées au titre des fusions-acquisitions en France en 2009, mais espère augmenter sa part de marché grâce notamment à sa fusion avec Bank of America qui devrait renforcer sa position vis-à-vis de ses concurrents.
"Je pense que nous pourrons apporter une réponse encore plus complète aux besoins de nos clients", déclare Marc Pandraud, responsable de la banque d'investissement en France, lors d'une interview accordée à Reuters jeudi.
Conséquence de la fusion avec le géant bancaire américain et de son changement de statut en banque généraliste intégrée, Merrill Lynch pourra après la fusion apporter des financements en capitaux à ses clients pour les aider à poursuivre leurs politiques d'acquisition.
Les banques généralistes pouvant apporter des financements en capitaux à leurs clients sont souvent avantagées pour gagner des mandats par rapport aux 'boutiques' spécialisées uniquement dans le conseil ou aux banques d'investissement qui se limitent à la syndication d'opérations de marché, jugent de nombreux intervenants du secteur.
Principale cause du ralentissement attendu en 2009, la fin des grandes opérations de rachat par effet de levier (LBO) rendues impossibles à financer par le resserrement du crédit.
La chute brutale de la valorisation des entreprises due à l'effondrement des marchés fait aussi baisser de façon mécanique le volume des transactions et, de facto, celui des commissions.
ÉROSION DES MARGES
"L'augmentation des volumes des opérations de ces dernières années a aussi caché une certaine érosion des marges sur le métier de conseil. Aujourd'hui on gagne moins qu'il y a quatre ou cinq ans et il y a de plus en plus d'intervenants", estime Marc Pandraud.
Il juge cependant que la crise ne stoppera pas toute activité et que des opérations stratégiques et payées en actions comme la fusion entre GDF - que Merrill Lynch a conseillé - et Suez seront encore possibles en 2009.
Des grands groupes comme EDF, Total ou Sanofi-Aventis pourront aussi poursuivre des acquisitions grâce à leur bonne signature en terme de crédit.
Autre atout pour Merrill Lynch dans un marché en contraction, sa notoriété dans les opérations défensives, comme celle acquise lors de la bataille boursière entre Arcelor et Mittal ou, plus récemment, celle de Wavecom contre Gemalto.
"Je pense qu'il est reconnu que Merrill Lynch a en défense une expérience assez inégalée", pense Emmanuel Hasbanian, le directeur du département fusions-acquisitions de la banque.
Marc Pandraud est optimiste sur les autres activités de la banque comme la syndication des émissions d'actions et d'obligations.
"Il y a eu très peu d'émissions d'actions cette année par les grandes entreprises françaises sauf pour les institutions financières, cela devrait reprendre en 2009", analyse-t-il, ajoutant qu'en termes d'émissions d'obligations la tendance devrait être également positive.
L'émission d'un milliard d'euros d'obligations à la fin du mois de novembre par Total, sursouscrite plus de quatre fois et dont Merrill Lynch a été le chef de file, constitue également un signal fort, assure-t-il.
"Les investisseurs reviennent sur le marché pour des signatures de grande qualité. Les conditions de crédit se sont surenchéries mais les grand corporates acceptent le fait qu'il faut sans doute vivre avec", conclut-il.
L'annonce de la suppression de 30.000 à 35.000 emplois d'ici trois ans chez Bank of America est intervenue après l'entretien; ce thème n'a donc pas été abordé.
Edité par Jacques Poznanski
"Je pense que nous pourrons apporter une réponse encore plus complète aux besoins de nos clients", déclare Marc Pandraud, responsable de la banque d'investissement en France, lors d'une interview accordée à Reuters jeudi.
Conséquence de la fusion avec le géant bancaire américain et de son changement de statut en banque généraliste intégrée, Merrill Lynch pourra après la fusion apporter des financements en capitaux à ses clients pour les aider à poursuivre leurs politiques d'acquisition.
Les banques généralistes pouvant apporter des financements en capitaux à leurs clients sont souvent avantagées pour gagner des mandats par rapport aux 'boutiques' spécialisées uniquement dans le conseil ou aux banques d'investissement qui se limitent à la syndication d'opérations de marché, jugent de nombreux intervenants du secteur.
Principale cause du ralentissement attendu en 2009, la fin des grandes opérations de rachat par effet de levier (LBO) rendues impossibles à financer par le resserrement du crédit.
La chute brutale de la valorisation des entreprises due à l'effondrement des marchés fait aussi baisser de façon mécanique le volume des transactions et, de facto, celui des commissions.
ÉROSION DES MARGES
"L'augmentation des volumes des opérations de ces dernières années a aussi caché une certaine érosion des marges sur le métier de conseil. Aujourd'hui on gagne moins qu'il y a quatre ou cinq ans et il y a de plus en plus d'intervenants", estime Marc Pandraud.
Il juge cependant que la crise ne stoppera pas toute activité et que des opérations stratégiques et payées en actions comme la fusion entre GDF - que Merrill Lynch a conseillé - et Suez seront encore possibles en 2009.
Des grands groupes comme EDF, Total ou Sanofi-Aventis pourront aussi poursuivre des acquisitions grâce à leur bonne signature en terme de crédit.
Autre atout pour Merrill Lynch dans un marché en contraction, sa notoriété dans les opérations défensives, comme celle acquise lors de la bataille boursière entre Arcelor et Mittal ou, plus récemment, celle de Wavecom contre Gemalto.
"Je pense qu'il est reconnu que Merrill Lynch a en défense une expérience assez inégalée", pense Emmanuel Hasbanian, le directeur du département fusions-acquisitions de la banque.
Marc Pandraud est optimiste sur les autres activités de la banque comme la syndication des émissions d'actions et d'obligations.
"Il y a eu très peu d'émissions d'actions cette année par les grandes entreprises françaises sauf pour les institutions financières, cela devrait reprendre en 2009", analyse-t-il, ajoutant qu'en termes d'émissions d'obligations la tendance devrait être également positive.
L'émission d'un milliard d'euros d'obligations à la fin du mois de novembre par Total, sursouscrite plus de quatre fois et dont Merrill Lynch a été le chef de file, constitue également un signal fort, assure-t-il.
"Les investisseurs reviennent sur le marché pour des signatures de grande qualité. Les conditions de crédit se sont surenchéries mais les grand corporates acceptent le fait qu'il faut sans doute vivre avec", conclut-il.
L'annonce de la suppression de 30.000 à 35.000 emplois d'ici trois ans chez Bank of America est intervenue après l'entretien; ce thème n'a donc pas été abordé.
Edité par Jacques Poznanski
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