Media | Multimedia


L'offre de Rogers a pris Vidéotron par surprise

Auteur : Alain Bisson

Du : 06/01/2009

Source : http://2.canoe.com

Rogers Communications a tourné autour de Vidéotron pendant des années, mais jamais de façon sérieuse, de sorte que la direction du câblodistributeur québécois a été la première surprise par l'offre d'acquisition présentée le 25 janvier 2000, soutient André Chagnon.


Le fondateur et ex-président de Vidéotron témoignait hier au procès de 23,2 millions de dollars intenté contre son fils et successeur, Claude, par Quebecor et l'actuelle direction du câblodistributeur.

Ces derniers soutiennent que Claude Chagnon a commis un délit d'initié en acceptant des options sur des actions, à la veille du dépôt d'une proposition de Rogers qu'il savait imminente, ce qui lui a valu un profit injustifié lorsque la transaction a finalement été bouclée avec l'offre concurrente de Quebecor.

M. Chagnon père a raconté au juge Brian Riordan qu'il a côtoyé Ted Rogers pendant 30 ans (M. Rogers est mort la semaine dernière).

Il a expliqué que le bouillant patron de Rogers Communications, qu'il a amicalement qualifié de «brain picker», avait l'habitude de lancer des idées de fusion, d'acquisition ou de partenariat. Mais elles ne se matérialisaient jamais.

Ce fut notamment le cas, selon lui, d'une offre de fusion envoyée sur une simple télécopie en avril 1999, qu'il a jugée peu sérieuse au point de ne pas y répondre et pour laquelle Ted Rogers ne l'a relancé, sans grande conviction, qu'en décembre 2000.

Et même là, le projet est mort au feuilleton devant le peu de sérieux qu'il a perçu de la part de M. Rogers, a dit André Chagnon.

L'intérêt manifeste de Rogers

Dans leur requête, Quebecor et Vidéotron soutiennent le contraire.

Elles laissent entendre que la société Rogers a toujours été vivement intéressée par Vidéotron, que les indices en ce sens ne manquent pas, notamment avec le projet de transaction d'avril 1999.

Dans ce contexte, arguent les demandeurs, le nouveau patron de Vidéotron, Claude Chagnon, ne pouvait pas prendre à la légère les propos qu'un banquier d'affaires lui a rapportés, le 10 janvier 2000, à l'effet que Ted Rogers était disposé à faire une offre pour acheter Vidéotron.

Selon la poursuite, M. Chagnon fils n'a pas soufflé mot de cette possibilité aux membres du conseil d'administration de Vidéotron dans les semaines qui ont suivi et il a accepté 1,2 million d'options sur des actions à 26$ pièce le 19 janvier 2000, seulement quelques jours avant le dépôt d'une offre formelle de Rogers à plus de 40$ l'action.

André Chagnon a assuré hier avoir été surpris de la proposition du 25 janvier 2000 faite par l'imprévisible Ted Rogers et que personne chez Vidéotron n'a eu d'indice sérieux qu'elle était imminente.

L'avocat de Claude Chagnon, Raynold Langlois, a soumis lundi que son client n'a pas profité indûment d'information privilégiée parce que ce qu'il a appris par personne interposée, le 10 janvier 2000, n'était encore à ce moment que des rumeurs et des spéculations.





Articles en rapport avec Media | Multimedia :

[2009-05-17] - Vivendi ne se voit pas durement touché par la crise

[2009-05-17] - PRESSE/Tamedia: considérable recul du CA et du bénéfice attendu en 2009

[2009-04-16] - Fusions & Acquisitions magazine et le Salon des Fusions Acquisitions.com s’allient

[2009-03-04] - media : Edipresse et Tamedia fusionnent en Suisse

[2009-01-06] - L'offre de Rogers a pris Vidéotron par surprise

[2008-12-26] - Sina rachète une partie de Focus Media et se diversifie dans l'outdoor

[2008-12-17] - Sony supprime 8.000 emplois et ferme une usine à Dax