Industries | Semi-conducteurs
Semi-conducteurs : les japonais contraints à s'unir
Auteur : Philippe Mesmer
Du : 20/01/2006
Trois groupes japonais ont décidé d'unir leurs forces pour tenter de combler leur retard dans la fabrication de semi-conducteurs, ces éléments-clés des ordinateurs, téléphones, téléviseurs, consoles de jeux vidéo...
Hitachi, Toshiba et Renesas Technology ont annoncé, mercredi 18 janvier, la création d'une compagnie devant étudier la faisabilité de la construction d'une unité de production commune, qui fonctionnerait comme leur sous-traitante pour la fabrication de circuits intégrés — les "puces" électroniques. Baptisée Advanced Process Semiconductor Foundry Planning, cette société sera mise en place avant la fin du mois de janvier.
CHIFFRES
MARCHÉ
Les ventes mondiales de semi-conducteurs ont été de l'ordre de 227 milliards de dollars (188 milliards d'euros) en 2005, selon l'organisation World Semiconductor Trade Statistics (WSTS).
ACTEURS
L'américain Intel est le premier fabricant mondial de semi-conducteurs, selon un classement établi fin 2005 par la société d'études américaine iSuppli. Il représente 15 % des ventes mondiales, tous produits confondus. Son dauphin est le sud-coréen Samsung (environ 7 % du marché mondial). Sur la troisième marche du podium se trouve l'américain Texas Instruments.
INVESTISSEMENTS
Ils devraient progresser de 1 % en 2006, à 47 milliards de dollars, selon une étude de Pacific Crest Securities. Intel et Samsung resteraient les deux plus gros investisseurs.
La décision de lancer un tel projet a été prise en raison de l'inflation des coûts. "Les avancées dans la miniaturisation des procédés de fabrication entraînent une hausse considérable des investissements nécessaires", soulignent les responsables des groupes concernés.
UNE INITIATIVE MINISTÉRIELLE
Même s'ils occupent les premiers rangs dans la mise au point de technologies de fabrication de semi-conducteurs, les groupes japonais n'ont pas les ressources financières suffisantes pour les exploiter ainsi que peuvent le faire des sociétés comme l'américain Intel, numéro un mondial de ce secteur.
C'est particulièrement le cas pour les usines destinées à produire les composants les plus avancés. La fabrication de ces puces va faire appel à des procédés d'une précision nanométrique : l'épaisseur des motifs gravés dans le silicium sera de 45 nanomètres (un cheveu mesure au moins 50 000 nanomètres d'épaisseur), les standards actuels se situant encore à 90 nanomètres. Les promoteurs du projet évaluent ainsi à 300 milliards de yens (2,15 milliards d'euros) la construction d'une fonderie de semi-conducteurs de ce type.
En 2005, Intel a commencé la construction de deux centres de production capables de dessiner des puces avec des traits de 45 nanomètres d'épaisseur. D'ici à 2008, le groupe américain aura investi 750 milliards de yens dans cette activité.
La société commune que vont créer les trois groupes japonais est chargée d'étudier la faisabilité d'une unité de fabrication commune où les motifs élémentaires sur les circuits intégrés auront une épaisseur de 65 nanomètres. L'investissement est estimé à 100 milliards de yens.
L'entité commune aura six mois pour dévoiler ses conclusions. En cas d'avis positif, les groupes impliqués partiront en quête de partenaires financiers, l'objectif étant de démarrer la production en 2007.
Ce projet est le résultat d'une initiative lancée par le METI, le ministère japonais de l'économie, du commerce et de l'industrie. Au début des négociations, NEC et Matsushita Electric étaient également parties prenantes. Cependant, des différends sur les modalités de financement de l'opération ont conduit ces deux groupes à quitter la table des discussions.
Si ce projet se concrétise, les groupes japonais pourraient compenser une partie de leur retard sur Intel ou le sud-coréen Samsung, des entreprises qui ont investi plus de 500 milliards de yens dans cette activité en 2005.
Il permettrait de relancer l'industrie nippone du semi-conducteur. En 1990, les constructeurs de l'Archipel s'étaient affirmés comme les maîtres de cette industrie : pas moins de six d'entre eux figuraient ainsi dans les dix premiers fabricants mondiaux et le Japon contrôlait quelque 45 % de la production mondiale de semi-conducteurs.
Aujourd'hui, les Japonais contrôlent environ 30 % de la production mondiale — leur niveau de 1980, quand cette industrie était dominée par les Américains. Et la plupart présentent des bilans mitigés sur cette activité.
Hitachi, Toshiba et Renesas Technology ont annoncé, mercredi 18 janvier, la création d'une compagnie devant étudier la faisabilité de la construction d'une unité de production commune, qui fonctionnerait comme leur sous-traitante pour la fabrication de circuits intégrés — les "puces" électroniques. Baptisée Advanced Process Semiconductor Foundry Planning, cette société sera mise en place avant la fin du mois de janvier.
CHIFFRES
MARCHÉ
Les ventes mondiales de semi-conducteurs ont été de l'ordre de 227 milliards de dollars (188 milliards d'euros) en 2005, selon l'organisation World Semiconductor Trade Statistics (WSTS).
ACTEURS
L'américain Intel est le premier fabricant mondial de semi-conducteurs, selon un classement établi fin 2005 par la société d'études américaine iSuppli. Il représente 15 % des ventes mondiales, tous produits confondus. Son dauphin est le sud-coréen Samsung (environ 7 % du marché mondial). Sur la troisième marche du podium se trouve l'américain Texas Instruments.
INVESTISSEMENTS
Ils devraient progresser de 1 % en 2006, à 47 milliards de dollars, selon une étude de Pacific Crest Securities. Intel et Samsung resteraient les deux plus gros investisseurs.
La décision de lancer un tel projet a été prise en raison de l'inflation des coûts. "Les avancées dans la miniaturisation des procédés de fabrication entraînent une hausse considérable des investissements nécessaires", soulignent les responsables des groupes concernés.
UNE INITIATIVE MINISTÉRIELLE
Même s'ils occupent les premiers rangs dans la mise au point de technologies de fabrication de semi-conducteurs, les groupes japonais n'ont pas les ressources financières suffisantes pour les exploiter ainsi que peuvent le faire des sociétés comme l'américain Intel, numéro un mondial de ce secteur.
C'est particulièrement le cas pour les usines destinées à produire les composants les plus avancés. La fabrication de ces puces va faire appel à des procédés d'une précision nanométrique : l'épaisseur des motifs gravés dans le silicium sera de 45 nanomètres (un cheveu mesure au moins 50 000 nanomètres d'épaisseur), les standards actuels se situant encore à 90 nanomètres. Les promoteurs du projet évaluent ainsi à 300 milliards de yens (2,15 milliards d'euros) la construction d'une fonderie de semi-conducteurs de ce type.
En 2005, Intel a commencé la construction de deux centres de production capables de dessiner des puces avec des traits de 45 nanomètres d'épaisseur. D'ici à 2008, le groupe américain aura investi 750 milliards de yens dans cette activité.
La société commune que vont créer les trois groupes japonais est chargée d'étudier la faisabilité d'une unité de fabrication commune où les motifs élémentaires sur les circuits intégrés auront une épaisseur de 65 nanomètres. L'investissement est estimé à 100 milliards de yens.
L'entité commune aura six mois pour dévoiler ses conclusions. En cas d'avis positif, les groupes impliqués partiront en quête de partenaires financiers, l'objectif étant de démarrer la production en 2007.
Ce projet est le résultat d'une initiative lancée par le METI, le ministère japonais de l'économie, du commerce et de l'industrie. Au début des négociations, NEC et Matsushita Electric étaient également parties prenantes. Cependant, des différends sur les modalités de financement de l'opération ont conduit ces deux groupes à quitter la table des discussions.
Si ce projet se concrétise, les groupes japonais pourraient compenser une partie de leur retard sur Intel ou le sud-coréen Samsung, des entreprises qui ont investi plus de 500 milliards de yens dans cette activité en 2005.
Il permettrait de relancer l'industrie nippone du semi-conducteur. En 1990, les constructeurs de l'Archipel s'étaient affirmés comme les maîtres de cette industrie : pas moins de six d'entre eux figuraient ainsi dans les dix premiers fabricants mondiaux et le Japon contrôlait quelque 45 % de la production mondiale de semi-conducteurs.
Aujourd'hui, les Japonais contrôlent environ 30 % de la production mondiale — leur niveau de 1980, quand cette industrie était dominée par les Américains. Et la plupart présentent des bilans mitigés sur cette activité.

