M&A | Fusions acquisitions
Volume de fusions-acquisitions record au 1er trimestre en Europe
Auteur : Siobhan Kennedy
Du : 24/04/2006
LONDRES (Reuters) - Les sociétés européennes ont commencé 2006 avec un volume record de fusions-acquisitions pour un premier trimestre et ont initié une vague d'OPA qui continue de prendre de l'ampleur.
Le volume de fusions-acquisitions a atteint 393,8 milliards de dollars sur le premier trimestre au 24 mars, dépassant le précédent record de 345 milliards de dollars enregistré 2000 à l'apogée de la bulle internet et télécoms, selon les données financières de Dealogic.
Les opérations géantes, à l'instar de l'offre de 22 milliards de dollars du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel sur l'européen Arcelor ou celle de Gas Natural sur Endesa pour 51 milliards de dollars, ont soutenu cette tendance.
"Ce qui se passe est particulièrement remarquable", a souligné Jeremy Issacs, directeur général de Lehman Brothers pour l'Europe et l'Asie et consultant pour Endesa dans le cadre de sa défense contre Gaz Natural.
"La tendance continue. Cette année devrait être majeure sur le plan des fusions-acquisitions", a-t-il dit vendredi.
Après avoir conclu des fusions-acquisitions pour 1.100 milliards de dollars en 2005, les entreprises européennes, aux caisses désormais bien garnies après des années de restructurations, ont accéléré le mouvement en ce début d'année, grâce à la disponibilité de financements à bas coûts et à la bonne tenue des marchés actions.
"Les actionnaires récompensent généralement les opérations intelligentes sur le plan stratégique à travers le cours en Bourse de l'acquéreur, ce qui encourage encore davantage les fusions-acquisitions", note Gordon Dyal, responsable des fusions-acquisitions au sein de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs.
AUDACES
Du coup, les patrons osent. Bien qu'ils préfèrent conduire des offres amicales, l'appétit des investisseurs pour la croissance est telle que les OPA hostiles sont devenues la norme, observent les banquiers.
Le mois dernier, le géant allemand de l'énergie E.ON a lancé une OPA non sollicitée de 57 milliards de dollars avec reprise de dette pour s'octroyer Endesa, l'opération la plus importante en Europe depuis le début de l'année.
BASF cherche à prendre le contrôle de son rival américain Engelhard pour 4,9 milliards de dollars tandis que Ferrovial a annoncé une OPA hostile sur le gestionnaire britannique d'aéroports BAA.
"Lorsque quelqu'un engage une offre non sollicitée, il pense qu'il y a une partie importante de la valeur de la cible qui n'est pas reflétée par le cours de Bourse. Le seul moyen pour que cette cible atteigne cette valeur, c'est de changer la façon dont elle conduit ses opérations", a indiqué Paul Gibbs, directeur d'études sur les fusions-acquisitions chez JP Morgan à Londres.
"Or les cibles qui restent sans rien faire attirent les investisseurs", a-t-il ajouté.
La mentalité "d'actionnaire militant" se développe. Alors que les hedge funds étaient traditionnellement les seuls actionnaires à critiquer ouvertement les directions des entreprises, les actionnaires de long terme se sont mis au diapason.
Le fonds institutionnel Fidelity, actionnaire de la sociétés d'études de marché néerlandaise VNU, s'est ainsi récemment opposé à la direction qui avait accepté une proposition de rachat d'un groupe de fonds de capital-investissement.
Des sources proches du dossier ITV, la chaîne de télévision privée britannique actuellement visée par une offre émanant d'un consortium privé d'investisseurs, ont déclaré que Fidelity, actionnaire du groupe, était favorable au rapprochement malgré son rejet par le conseil d'administration.
Un élément pourrait néanmoins mettre en danger cette vague de fusions: le patriotisme économique en Europe continentale où certains pays cherchent à garder des sociétés qu'ils considèrent comme des actifs stratégiques.
Le gouvernement français a annoncé le 25 février dernier le rapprochement de Suez et de Gaz de France pour contrer l'offre de l'électricien Enel sur Suez.
Les banquiers ont toutefois fait remarquer qu'il était trop tôt pour dire quels seraient les effets de ces politiques.
La plupart d'entre eux s'attendent à ce que l'explosion des OPA se poursuive cette année et en 2007, sauf imprévu.
"Pour le moment, aucun indice n'indique que cela va ralentir", a constaté Jeremy Isaacs. "Mais cela ne pourra pas continuer indéfiniment et personne ne sait où se trouvera la surprise".
Le volume de fusions-acquisitions a atteint 393,8 milliards de dollars sur le premier trimestre au 24 mars, dépassant le précédent record de 345 milliards de dollars enregistré 2000 à l'apogée de la bulle internet et télécoms, selon les données financières de Dealogic.
Les opérations géantes, à l'instar de l'offre de 22 milliards de dollars du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel sur l'européen Arcelor ou celle de Gas Natural sur Endesa pour 51 milliards de dollars, ont soutenu cette tendance.
"Ce qui se passe est particulièrement remarquable", a souligné Jeremy Issacs, directeur général de Lehman Brothers pour l'Europe et l'Asie et consultant pour Endesa dans le cadre de sa défense contre Gaz Natural.
"La tendance continue. Cette année devrait être majeure sur le plan des fusions-acquisitions", a-t-il dit vendredi.
Après avoir conclu des fusions-acquisitions pour 1.100 milliards de dollars en 2005, les entreprises européennes, aux caisses désormais bien garnies après des années de restructurations, ont accéléré le mouvement en ce début d'année, grâce à la disponibilité de financements à bas coûts et à la bonne tenue des marchés actions.
"Les actionnaires récompensent généralement les opérations intelligentes sur le plan stratégique à travers le cours en Bourse de l'acquéreur, ce qui encourage encore davantage les fusions-acquisitions", note Gordon Dyal, responsable des fusions-acquisitions au sein de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs.
AUDACES
Du coup, les patrons osent. Bien qu'ils préfèrent conduire des offres amicales, l'appétit des investisseurs pour la croissance est telle que les OPA hostiles sont devenues la norme, observent les banquiers.
Le mois dernier, le géant allemand de l'énergie E.ON a lancé une OPA non sollicitée de 57 milliards de dollars avec reprise de dette pour s'octroyer Endesa, l'opération la plus importante en Europe depuis le début de l'année.
BASF cherche à prendre le contrôle de son rival américain Engelhard pour 4,9 milliards de dollars tandis que Ferrovial a annoncé une OPA hostile sur le gestionnaire britannique d'aéroports BAA.
"Lorsque quelqu'un engage une offre non sollicitée, il pense qu'il y a une partie importante de la valeur de la cible qui n'est pas reflétée par le cours de Bourse. Le seul moyen pour que cette cible atteigne cette valeur, c'est de changer la façon dont elle conduit ses opérations", a indiqué Paul Gibbs, directeur d'études sur les fusions-acquisitions chez JP Morgan à Londres.
"Or les cibles qui restent sans rien faire attirent les investisseurs", a-t-il ajouté.
La mentalité "d'actionnaire militant" se développe. Alors que les hedge funds étaient traditionnellement les seuls actionnaires à critiquer ouvertement les directions des entreprises, les actionnaires de long terme se sont mis au diapason.
Le fonds institutionnel Fidelity, actionnaire de la sociétés d'études de marché néerlandaise VNU, s'est ainsi récemment opposé à la direction qui avait accepté une proposition de rachat d'un groupe de fonds de capital-investissement.
Des sources proches du dossier ITV, la chaîne de télévision privée britannique actuellement visée par une offre émanant d'un consortium privé d'investisseurs, ont déclaré que Fidelity, actionnaire du groupe, était favorable au rapprochement malgré son rejet par le conseil d'administration.
Un élément pourrait néanmoins mettre en danger cette vague de fusions: le patriotisme économique en Europe continentale où certains pays cherchent à garder des sociétés qu'ils considèrent comme des actifs stratégiques.
Le gouvernement français a annoncé le 25 février dernier le rapprochement de Suez et de Gaz de France pour contrer l'offre de l'électricien Enel sur Suez.
Les banquiers ont toutefois fait remarquer qu'il était trop tôt pour dire quels seraient les effets de ces politiques.
La plupart d'entre eux s'attendent à ce que l'explosion des OPA se poursuive cette année et en 2007, sauf imprévu.
"Pour le moment, aucun indice n'indique que cela va ralentir", a constaté Jeremy Isaacs. "Mais cela ne pourra pas continuer indéfiniment et personne ne sait où se trouvera la surprise".
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