Télécommunications
Les géants des télécoms rongés par le doute
Auteur : l'expansion
Du : 19/05/2006
Accélération technologique, concurrence accrue, abonnés hésitants... pour survivre, les opérateurs doivent choisir : acteurs de services ou de réseaux ?
LES FOLLES années de la bulle Internet oubliées, les difficiles années de restructuration passées, les groupes de télécom sortent du tunnel, mais font désormais face au scepticisme. Tel est l'enseignement de la grande étude annuelle réalisée par Ernst & Young auprès des dirigeants des grandes entreprises européens de télécoms et de médias (1). «On dénote un sentiment profond et envahissant de doute dans l'industrie européenne des télécoms, dû à la formidable accélération de l'innovation technologique et aux modifications réglementaires en cours», résume Vincent de la Bachelerie, responsable mondial chez Ernst & Young.
Confrontés à la baisse de leurs revenus traditionnels, les opérateurs ne parviennent pas encore à compenser ce manque à gagner avec les nouveaux services. Résultat, ils font face à ce qu'Ernst & Young appelle le «revenue gap». En Europe, 18% des foyers n'ont plus de ligne fixe. Quant au mobile, sa croissance ralentit. Le revenu par abonné baisse : il a par exemple reculé de 10% en un an en Allemagne. «Depuis 1999, une centaine de d'opérateurs virtuels, les MVNO, se sont lancés en Europe. Les régulateurs les encouragent pour accroître la concurrence et faire baisser les prix, explique Vincent de la Bachelerie. La très forte pression réglementaire pour une baisse des prix du roaming (appels mobiles passés depuis l'étranger) et des tarifs de terminaison d'appel explique aussi cette baisse du revenu par abonné.» Dans le même temps, selon Ernst & Young, les consommateurs restent encore indécis face aux nouveaux services tels que la télévision sur mobile, la vidéo à la demande...
La marque devient un atout financier
Selon le cabinet IDC, seuls 6% des foyers européens seraient prêts à payer pour de la VoD en 2009. «Le mobile de troisième génération, la vidéo à la demande, l'entertainment ne compensent pas encore le déclin inexorable des activités traditionnelles, insiste Marc Chaya, directeur des opérations du centre télécom mondial d'Ernst & Young. Il nuance toutefois : «Malgré le doute, de nombreuses opportunités existent pour les entreprises qui continueront à investir davantage dans les réseaux de nouvelle génération, dans le branding et dans les partenariats avec les acteurs de contenu.» Certains opérateurs historiques sont ainsi en phase de repositionnement de leur marque. En juin, France Télécom imposera le nom Orange pour désigner une grande partie de ses activités dans le monde. La marque devient un atout de premier plan alors que les opérateurs doivent faire face à une concurrence accrue.
C'est le cas dans le secteur du mobile avec l'arrivée des opérateurs virtuels, dont certains sont dotés de marques puissantes, à l'instar de Virgin. «Leitmotiv dans les craintes des patrons télécoms : la menace de google, perçu comme un vrai concurrent d'ici cinq ans», poursuit Marc Chaya. En un laps de temps très restreint, Apple est devenu le champion de la musique dématérialisée, supplantant les leaders historiques du secteur. «Apple a réussi avec iTunes et iPod à détrôner très vite Sony, pourtant leader mondial de la musique, grâce à des services qui fonctionnent et un business modèle clair, explique Marc Chaya. Skype est lui aussi en mesure de bouleverser la donne. Avec plus de 50 millions de clients, l'opérateur avoue son ambition de devenir le leader mondial des télécommunications.»
Multiplication des fusions-acquisitions
Pour l'heure, les opérateurs télécoms ont répondu à cette nouvelle donne en multipliant les opérations de fusions-acquisitions, note l'étude. C'est le cas aux Etats-Unis, avec les fusions Verizon-MCI, ATT-SBC, Sprint-Nextel, ATT-BellSouth... En Europe, l'espagnol Telefonica a racheté l'opérateur mobile 02, France Télécom le numéro trois du mobile espagnol Amena. Selon Ernst & Young, cette stratégie n'apporte toutefois qu'une réponse à court terme. Comme le souligne un analyste interrogé dans l'étude, «le mariage de deux éléphants n'a jamais donné naissance à une gazelle». Selon Marc Chaya, «c'est une réponse immédiate car elle permet de réaliser certaines synergies et de gagner des parts de marché. Mais elle ne permet pas de réduire le taux de désabonnement et n'apporte donc pas une réponse viable à long terme.» Et l'étude de conclure que les opérateurs doivent aller au-delà, investir dans les réseaux de nouvelle génération et déterminer clairement leur positionnement entre acteurs de services ou acteurs de réseaux.
(1) «Next Generation Gap : the impact of new technology on the European Telecoms Industry», Ernst & Young, mai 2006.
Accélération technologique, concurrence accrue, abonnés hésitants... pour survivre, les opérateurs doivent choisir : acteurs de services ou de réseaux ?
LES FOLLES années de la bulle Internet oubliées, les difficiles années de restructuration passées, les groupes de télécom sortent du tunnel, mais font désormais face au scepticisme. Tel est l'enseignement de la grande étude annuelle réalisée par Ernst & Young auprès des dirigeants des grandes entreprises européens de télécoms et de médias (1). «On dénote un sentiment profond et envahissant de doute dans l'industrie européenne des télécoms, dû à la formidable accélération de l'innovation technologique et aux modifications réglementaires en cours», résume Vincent de la Bachelerie, responsable mondial chez Ernst & Young.
Confrontés à la baisse de leurs revenus traditionnels, les opérateurs ne parviennent pas encore à compenser ce manque à gagner avec les nouveaux services. Résultat, ils font face à ce qu'Ernst & Young appelle le «revenue gap». En Europe, 18% des foyers n'ont plus de ligne fixe. Quant au mobile, sa croissance ralentit. Le revenu par abonné baisse : il a par exemple reculé de 10% en un an en Allemagne. «Depuis 1999, une centaine de d'opérateurs virtuels, les MVNO, se sont lancés en Europe. Les régulateurs les encouragent pour accroître la concurrence et faire baisser les prix, explique Vincent de la Bachelerie. La très forte pression réglementaire pour une baisse des prix du roaming (appels mobiles passés depuis l'étranger) et des tarifs de terminaison d'appel explique aussi cette baisse du revenu par abonné.» Dans le même temps, selon Ernst & Young, les consommateurs restent encore indécis face aux nouveaux services tels que la télévision sur mobile, la vidéo à la demande...
La marque devient un atout financier
Selon le cabinet IDC, seuls 6% des foyers européens seraient prêts à payer pour de la VoD en 2009. «Le mobile de troisième génération, la vidéo à la demande, l'entertainment ne compensent pas encore le déclin inexorable des activités traditionnelles, insiste Marc Chaya, directeur des opérations du centre télécom mondial d'Ernst & Young. Il nuance toutefois : «Malgré le doute, de nombreuses opportunités existent pour les entreprises qui continueront à investir davantage dans les réseaux de nouvelle génération, dans le branding et dans les partenariats avec les acteurs de contenu.» Certains opérateurs historiques sont ainsi en phase de repositionnement de leur marque. En juin, France Télécom imposera le nom Orange pour désigner une grande partie de ses activités dans le monde. La marque devient un atout de premier plan alors que les opérateurs doivent faire face à une concurrence accrue.
C'est le cas dans le secteur du mobile avec l'arrivée des opérateurs virtuels, dont certains sont dotés de marques puissantes, à l'instar de Virgin. «Leitmotiv dans les craintes des patrons télécoms : la menace de google, perçu comme un vrai concurrent d'ici cinq ans», poursuit Marc Chaya. En un laps de temps très restreint, Apple est devenu le champion de la musique dématérialisée, supplantant les leaders historiques du secteur. «Apple a réussi avec iTunes et iPod à détrôner très vite Sony, pourtant leader mondial de la musique, grâce à des services qui fonctionnent et un business modèle clair, explique Marc Chaya. Skype est lui aussi en mesure de bouleverser la donne. Avec plus de 50 millions de clients, l'opérateur avoue son ambition de devenir le leader mondial des télécommunications.»
Multiplication des fusions-acquisitions
Pour l'heure, les opérateurs télécoms ont répondu à cette nouvelle donne en multipliant les opérations de fusions-acquisitions, note l'étude. C'est le cas aux Etats-Unis, avec les fusions Verizon-MCI, ATT-SBC, Sprint-Nextel, ATT-BellSouth... En Europe, l'espagnol Telefonica a racheté l'opérateur mobile 02, France Télécom le numéro trois du mobile espagnol Amena. Selon Ernst & Young, cette stratégie n'apporte toutefois qu'une réponse à court terme. Comme le souligne un analyste interrogé dans l'étude, «le mariage de deux éléphants n'a jamais donné naissance à une gazelle». Selon Marc Chaya, «c'est une réponse immédiate car elle permet de réaliser certaines synergies et de gagner des parts de marché. Mais elle ne permet pas de réduire le taux de désabonnement et n'apporte donc pas une réponse viable à long terme.» Et l'étude de conclure que les opérateurs doivent aller au-delà, investir dans les réseaux de nouvelle génération et déterminer clairement leur positionnement entre acteurs de services ou acteurs de réseaux.
(1) «Next Generation Gap : the impact of new technology on the European Telecoms Industry», Ernst & Young, mai 2006.
LES FOLLES années de la bulle Internet oubliées, les difficiles années de restructuration passées, les groupes de télécom sortent du tunnel, mais font désormais face au scepticisme. Tel est l'enseignement de la grande étude annuelle réalisée par Ernst & Young auprès des dirigeants des grandes entreprises européens de télécoms et de médias (1). «On dénote un sentiment profond et envahissant de doute dans l'industrie européenne des télécoms, dû à la formidable accélération de l'innovation technologique et aux modifications réglementaires en cours», résume Vincent de la Bachelerie, responsable mondial chez Ernst & Young.
Confrontés à la baisse de leurs revenus traditionnels, les opérateurs ne parviennent pas encore à compenser ce manque à gagner avec les nouveaux services. Résultat, ils font face à ce qu'Ernst & Young appelle le «revenue gap». En Europe, 18% des foyers n'ont plus de ligne fixe. Quant au mobile, sa croissance ralentit. Le revenu par abonné baisse : il a par exemple reculé de 10% en un an en Allemagne. «Depuis 1999, une centaine de d'opérateurs virtuels, les MVNO, se sont lancés en Europe. Les régulateurs les encouragent pour accroître la concurrence et faire baisser les prix, explique Vincent de la Bachelerie. La très forte pression réglementaire pour une baisse des prix du roaming (appels mobiles passés depuis l'étranger) et des tarifs de terminaison d'appel explique aussi cette baisse du revenu par abonné.» Dans le même temps, selon Ernst & Young, les consommateurs restent encore indécis face aux nouveaux services tels que la télévision sur mobile, la vidéo à la demande...
La marque devient un atout financier
Selon le cabinet IDC, seuls 6% des foyers européens seraient prêts à payer pour de la VoD en 2009. «Le mobile de troisième génération, la vidéo à la demande, l'entertainment ne compensent pas encore le déclin inexorable des activités traditionnelles, insiste Marc Chaya, directeur des opérations du centre télécom mondial d'Ernst & Young. Il nuance toutefois : «Malgré le doute, de nombreuses opportunités existent pour les entreprises qui continueront à investir davantage dans les réseaux de nouvelle génération, dans le branding et dans les partenariats avec les acteurs de contenu.» Certains opérateurs historiques sont ainsi en phase de repositionnement de leur marque. En juin, France Télécom imposera le nom Orange pour désigner une grande partie de ses activités dans le monde. La marque devient un atout de premier plan alors que les opérateurs doivent faire face à une concurrence accrue.
C'est le cas dans le secteur du mobile avec l'arrivée des opérateurs virtuels, dont certains sont dotés de marques puissantes, à l'instar de Virgin. «Leitmotiv dans les craintes des patrons télécoms : la menace de google, perçu comme un vrai concurrent d'ici cinq ans», poursuit Marc Chaya. En un laps de temps très restreint, Apple est devenu le champion de la musique dématérialisée, supplantant les leaders historiques du secteur. «Apple a réussi avec iTunes et iPod à détrôner très vite Sony, pourtant leader mondial de la musique, grâce à des services qui fonctionnent et un business modèle clair, explique Marc Chaya. Skype est lui aussi en mesure de bouleverser la donne. Avec plus de 50 millions de clients, l'opérateur avoue son ambition de devenir le leader mondial des télécommunications.»
Multiplication des fusions-acquisitions
Pour l'heure, les opérateurs télécoms ont répondu à cette nouvelle donne en multipliant les opérations de fusions-acquisitions, note l'étude. C'est le cas aux Etats-Unis, avec les fusions Verizon-MCI, ATT-SBC, Sprint-Nextel, ATT-BellSouth... En Europe, l'espagnol Telefonica a racheté l'opérateur mobile 02, France Télécom le numéro trois du mobile espagnol Amena. Selon Ernst & Young, cette stratégie n'apporte toutefois qu'une réponse à court terme. Comme le souligne un analyste interrogé dans l'étude, «le mariage de deux éléphants n'a jamais donné naissance à une gazelle». Selon Marc Chaya, «c'est une réponse immédiate car elle permet de réaliser certaines synergies et de gagner des parts de marché. Mais elle ne permet pas de réduire le taux de désabonnement et n'apporte donc pas une réponse viable à long terme.» Et l'étude de conclure que les opérateurs doivent aller au-delà, investir dans les réseaux de nouvelle génération et déterminer clairement leur positionnement entre acteurs de services ou acteurs de réseaux.
(1) «Next Generation Gap : the impact of new technology on the European Telecoms Industry», Ernst & Young, mai 2006.
Accélération technologique, concurrence accrue, abonnés hésitants... pour survivre, les opérateurs doivent choisir : acteurs de services ou de réseaux ?
LES FOLLES années de la bulle Internet oubliées, les difficiles années de restructuration passées, les groupes de télécom sortent du tunnel, mais font désormais face au scepticisme. Tel est l'enseignement de la grande étude annuelle réalisée par Ernst & Young auprès des dirigeants des grandes entreprises européens de télécoms et de médias (1). «On dénote un sentiment profond et envahissant de doute dans l'industrie européenne des télécoms, dû à la formidable accélération de l'innovation technologique et aux modifications réglementaires en cours», résume Vincent de la Bachelerie, responsable mondial chez Ernst & Young.
Confrontés à la baisse de leurs revenus traditionnels, les opérateurs ne parviennent pas encore à compenser ce manque à gagner avec les nouveaux services. Résultat, ils font face à ce qu'Ernst & Young appelle le «revenue gap». En Europe, 18% des foyers n'ont plus de ligne fixe. Quant au mobile, sa croissance ralentit. Le revenu par abonné baisse : il a par exemple reculé de 10% en un an en Allemagne. «Depuis 1999, une centaine de d'opérateurs virtuels, les MVNO, se sont lancés en Europe. Les régulateurs les encouragent pour accroître la concurrence et faire baisser les prix, explique Vincent de la Bachelerie. La très forte pression réglementaire pour une baisse des prix du roaming (appels mobiles passés depuis l'étranger) et des tarifs de terminaison d'appel explique aussi cette baisse du revenu par abonné.» Dans le même temps, selon Ernst & Young, les consommateurs restent encore indécis face aux nouveaux services tels que la télévision sur mobile, la vidéo à la demande...
La marque devient un atout financier
Selon le cabinet IDC, seuls 6% des foyers européens seraient prêts à payer pour de la VoD en 2009. «Le mobile de troisième génération, la vidéo à la demande, l'entertainment ne compensent pas encore le déclin inexorable des activités traditionnelles, insiste Marc Chaya, directeur des opérations du centre télécom mondial d'Ernst & Young. Il nuance toutefois : «Malgré le doute, de nombreuses opportunités existent pour les entreprises qui continueront à investir davantage dans les réseaux de nouvelle génération, dans le branding et dans les partenariats avec les acteurs de contenu.» Certains opérateurs historiques sont ainsi en phase de repositionnement de leur marque. En juin, France Télécom imposera le nom Orange pour désigner une grande partie de ses activités dans le monde. La marque devient un atout de premier plan alors que les opérateurs doivent faire face à une concurrence accrue.
C'est le cas dans le secteur du mobile avec l'arrivée des opérateurs virtuels, dont certains sont dotés de marques puissantes, à l'instar de Virgin. «Leitmotiv dans les craintes des patrons télécoms : la menace de google, perçu comme un vrai concurrent d'ici cinq ans», poursuit Marc Chaya. En un laps de temps très restreint, Apple est devenu le champion de la musique dématérialisée, supplantant les leaders historiques du secteur. «Apple a réussi avec iTunes et iPod à détrôner très vite Sony, pourtant leader mondial de la musique, grâce à des services qui fonctionnent et un business modèle clair, explique Marc Chaya. Skype est lui aussi en mesure de bouleverser la donne. Avec plus de 50 millions de clients, l'opérateur avoue son ambition de devenir le leader mondial des télécommunications.»
Multiplication des fusions-acquisitions
Pour l'heure, les opérateurs télécoms ont répondu à cette nouvelle donne en multipliant les opérations de fusions-acquisitions, note l'étude. C'est le cas aux Etats-Unis, avec les fusions Verizon-MCI, ATT-SBC, Sprint-Nextel, ATT-BellSouth... En Europe, l'espagnol Telefonica a racheté l'opérateur mobile 02, France Télécom le numéro trois du mobile espagnol Amena. Selon Ernst & Young, cette stratégie n'apporte toutefois qu'une réponse à court terme. Comme le souligne un analyste interrogé dans l'étude, «le mariage de deux éléphants n'a jamais donné naissance à une gazelle». Selon Marc Chaya, «c'est une réponse immédiate car elle permet de réaliser certaines synergies et de gagner des parts de marché. Mais elle ne permet pas de réduire le taux de désabonnement et n'apporte donc pas une réponse viable à long terme.» Et l'étude de conclure que les opérateurs doivent aller au-delà, investir dans les réseaux de nouvelle génération et déterminer clairement leur positionnement entre acteurs de services ou acteurs de réseaux.
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